Le monde comme une soupe de temps
Le monde dans lequel nous vivons est un lieu dynamique, donc temporel. Ce que nous appelons espace n’est peut-être qu’une conséquence du temps, une mise en mouvement de ce qui, autrement, resterait indifférencié.
Les recherches scientifiques constatent que la zone la plus éloignée qu’il nous est possible de cartographier remonte à environ treize milliards d’années-lumière. À ce stade, il n’existait quasiment aucune séparation. Le monde n’était qu’une soupe dense de particules, de chaleur et de temporalité naissante.
D’après les calculs des scientifiques, impuissants de pouvoir remonter visuellement avant ce moment, l’intégralité de l’univers était contenue dans un seul point, des milliards de fois plus petit qu’une tête d’épingle.
Ce qui sépare les choses, ce n’est pas l’espace, mais le temps. Il rend le monde dynamique, il crée l’illusion de la distance, de la différence, de l’altérité.
Pourtant, énergétiquement, les particules qui nous constituent et celles qui composent l’univers demeurent intrinsèquement liées, multidimensionnelles et peut-être intemporelles.
Notre monde ressemble alors à l’une des facettes d’une boule à facettes. Nous n’en percevons le reflet que lorsque la lumière l’éclaire.
Le temps n’écoule pas le monde — il le révèle.